Exposé de « LE DIEU QUI LIBERE »  de James Montgomery BOICE,                      

par Odney Georges ODEUS, M.Ed., M.Th.

Boice, J. M. (1987). Le Dieu qui libère. Editions Emmaüs. 216 pages

Nous pensons que notre essence se trouve dans notre rationalité. Ce qui voudrait bien dire que la raison est la cause de toute chose, de notre existence. Des personnes parviennent même à penser que notre destin dépend de notre capacité de penser. Alors, nous nous prenons aux aguets de nous laisser aller par la ruse de Satan, lui qui nous conduit loin de la volonté de Dieu, celui par qui tout vient à l’existence.

Nous nous laissons prendre par l’orgueil, tel que Satan en a exhibé, selon Ésaïe 14, ce qui explique nos choix de pécher. Nous voulons être comme Dieu, le très haut. A ce moment-là, nous ne cessons pas de pécher contre Dieu, ce qui va à l’encontre des saintes écritures (Exode 20).

Par rapport aux conséquences du péché, plusieurs pensent que l’homme est en bonne santé, et que les effets dont mentionne la Bible sont surannés. Ils prétendent que l’homme soit en bonne santé, soit malade, soit mort. Pourtant, la bible déclare que l’homme n’est ni bien portant, ni un simple malade – il est mort ! (Gen 2 :17).

Le péché atteint de fond en comble notre relation avec Dieu. Nous n’obéissons plus à ses ordonnances. La Bible nous montre combien Adam fuyait la face de Dieu après le péché, ce n’est qu’une preuve tangible de cette disculpation de leur relation. Et cette rupture atteint l’être entier. C’est un peu semblable à myasthenia gravis, cette maladie où les muscles ne peuvent répondre aux ordres du cerveau. Les muscles en souffrent autant que le cerveau. Donc, nous souffrons beaucoup de nous séparer de Dieu, de même que nos péchés mettent Dieu en colère.

Nous pensons alors que nous pouvons connaitre Dieu de par notre volonté. Tant qu’il est vrai que la Bible parait confuse sur ce point, un débat houleux ne cesse de nous hanter. De fait, Dieu nous montre comment nous y prendre, alors que le péché nous obscurcit, nous empêchant d’obéir à Dieu volontairement. Mais c’est de notre volonté que nous devons accepter Jésus.

Qu’en est-il des implications de la loi ? Elle ne peut nous justifier, mais nous prouver notre culpabilité devant Dieu. D’ailleurs, il y a plein de loi, et quoi que nous considérions, loi divine ou loi païenne, leur morale renvoie à l’adoration de Dieu, même par une certaine similitude. De fait, Jésus a résumé le décalogue, en « tu aimeras ton Dieu de tout ton cœur, de toute ton âme et de toute de pensée, et tu aimeras ton prochain comme toi-même ».

Alors, par opposition à tous nos comportements irrévérencieux envers Dieu, il est enflammé de colère contre nous. Sa justice l’empêche de nous voir commettre l’iniquité. Ça le révolte. Il exerçait la même attitude envers le peuple choisi qui lui désobéissait constamment. Par ailleurs, il avait la rédemption. Et depuis très tôt dans l’Ancien Testament, ce n’est que par cette grâce que les patriarches ont obtenu le salut. Ils croyaient que le rédempteur allait venir et ont mené une vie de foi en conséquence.

De fait, tout se fait autour du personnage de Jésus. Il a été à la fois Dieu et homme. Il est l’égal du père et du Saint Esprit, l’ayant toujours été, n’étant pas un être créé, s’étant dépouillé lui-même pour prendre une forme humaine, allant jusqu’à la mort à la croix. Notre rédemption est due, à la grande portée de ce sacrifice, là où Jésus se faisait péché en notre place et a rendu la propitiation. D’où, Golgotha devient plus important que Nazareth. Tant qu’il est vrai qu’il fallait que Jésus naisse pour mourir, mais notre salut se réside à la croix, du moins au sacrifice de la croix.

« Le Dieu qui libère » est un livre essentiellement utile pour aider à l’affermissement de la foi de nos membres et fidèles d’église. Les œuvres de Jésus, depuis sa naissance jusqu’à son ascension, sont exposées avec une minutie pointillée. Nous avons besoin de connaissance du travail de Jésus de façon approfondie, avec des recherches à l’appui pour élucider les points obscurs de notre pensée par rapport à certains passages qui paraissent difficiles à saisir dans la Bible.

L’aspect mystérieux de Dieu restera entier, en dépit et en deçà de tout ce que nous avons comme résultat de recherche, capable d’éclaircir nos lanternes. Cependant, le côté dénominationnel reste entier en ce qui a trait à l’interprétation des textes. Cette difficulté n’est surtout pas enregistrée dans ce livre de Dr. Boice. Il fait œuvre objective, avec une herméneutique solide, sous les auspices du Saint Esprit. Et oui, ce dernier point est garanti, dans la mesure où il n’est pas donné aux gens de cerner la chose spirituelle avec exclusivement leur intelligence. D’ailleurs, il a su exposer la bataille idéologique entre Anselme et Augustin…

Si pour John Stott, la croix est essentielle à notre salut, pour James M. Boice, l’auteur et/ou l’acteur de la croix reste le fondement de cette « essentielle ». Il a toujours eu de croix, mais jamais pas eu de cet événement spécifique. Le jumelage de ces deux enseignements peut aider à un renouveau au niveau de nos églises.

La Bible nous enseigne le renouvellement de l’intelligence. On a eu la réforme protestante pour faciliter ce retour au sacro-saint évangile, comme dirait Luther. Nous avons donc besoin de la « transforme », en relation à ce que Romains 12 :2 nous enseigne : « Ne vous conformez pas au siècle présent, mais soyez transformés par le renouvellement de l'intelligence, afin que vous discerniez quelle est la volonté de Dieu, ce qui est bon, agréable et parfait » ; et ce avec la fin du texte relatant le but ultime de cette transformation.