Superficiel? Essentiel? Un dualisme vital…

(Par Odney Georges ODEUS, M.Ed., MTS)

« Il est dimanche, 6 heures du matin. La rue est bondée de monde. Certains sont vêtus en tenue de haut protocole, d’autres, à qui mieux mieux, comme des avortons. Les églises ne restent plus de sièges, même plus d’espace pour en placer ; les prédicateurs interviennent tant divers soit peu sur la résurrection du Christ… c’est la Pâques. »

Ce petit tableau traduit un certain branle-bas que nous avons constaté généralement dans la culture des peuples sous l’égide de la tradition. Certaines périodes sont marquées par des activités énormes et variées, des fêtes, des réveillons, des galas, des festivals, des feux d’artifice, etc. Ces activités, remarque-t-on, ont particulièrement trait à la portée économique ; telles que la vente des cadeaux pour la Noël, des chocolats au 14 février, des poissons et morues au moment de pâques, ce sont les quelques caractéristiques, traduisant un mercantilisme des périodes.

Des critiques médiatiques ne cessent de lever la voix pour élucider les gens de cette démarche, avançant pas mal de thèses. Tant qu’il est vrai que ces avances sont traitées en parent pauvre, il est utile de réfléchir dessus au regard des comportements des peuples, de leur réalité psychosociale. Essayons d’explorer quelques éléments de la réalité, du vécu des peuples, découlant d’expériences qui me sont personnelles.

-          J’étais encore élève au secondaire quand j’ai entendu sur les ondes d’une radio de la capitale haïtienne, des médecins de l’hôpital de l’Université d’Etat d’Haïti décriant que le taux de naissance est en hausse vers les mois d’Aout et Novembre. Parce que, disaient-ils, les jeunes tombent facilement enceinte en période Noel et de Carnaval. Les jeunes bénéficient d’une certaine liberté, les habilitant à faire ce que bon leur semble le 24 décembre. Cette période marquant la nativité pour certains chrétiens, est devenue une opportunité ignoble.

-          Un économiste a déclaré que les gens s’endettent le plus durant cette période, celle de fin d’année, car ils font des dépenses longtemps au-dessus de leur moyen pour fêter. Certains ne peuvent pas en rembourser par la suite, d’autres le font avec difficulté. Ceci étant vrai, un ami-avocat m’avait confié que c’est une période qui trimballe derrière elle plus d’affaires ayant trait à ces genres de conflits, incapacité et/ou non-volonté de payer les dettes.

-          Des rituels sans nombre ni conteste sont en implémentation. Ils sont des fois imposés par des leaders, qu’ils soient religieux ou d’opinion.

Sans en faire une liste exhaustive, nous constatons que les moments sont d’une cruciale importance pour les gens, les communautés, dans leurs sens festifs. Cependant, il n’y a généralement pas lieu de mettre emphase sur ce qui est essentiel. Disons, la nativité Jésus-Christ ne trouve presqu’absolument pas sa place en période de Noël. Ce devrait normalement être un moment de réflexion sur l’incarnation, Dieu fait homme, qui est difficile de compréhension, d’explication et d’interprétation. Le pourquoi de ce mystère devrait constituer  la priorité de tous, l’essentiel ; cependant la réalité de la vie des gens ne prouvent pas cela. D’ailleurs, ils ne montrent aucun intérêt pour le motif. Un ami sociologue a avancé que cette période  de la nativité de Christ est l’une des périodes de plus grande immoralité à travers le monde. Nous constatons même l’ouverture des cafés circonstanciels pour le plaisir des jeunes. On loupe l’essentiel.

Aussi bien la période pascale qui marque la crucifixion de Jésus-Christ pour le péché de l’humanité est caractérisée par des pénitences religieuses, des plats pompeux de poissons, de légumes et/ou salades… mais pas de méditation. Si on demande à un des participants à des activités de « rara » le vrai sens de ce que c’est la pâque, il éprouvera sûrement des difficultés à en expliquer. Pourquoi cette ambiance, en lieu et place de penser au crachat expectoré sur Jésus ? Quoi de pire que de mourir de façon si insultante, humiliante, dégradante…  pour d’autres alors que l’on est innocent? En lieu et place de méditer dessus, ils préfèrent célébrer cette période sacramentelle par des activités odieuses. Malheureusement !

Le dilemme de choix d’entre l’essentiel et le superficiel a toujours été de mise. Il est dit en Jacques 3 :13 que celui qui est sage doit le montrer par son attitude. Maintenant, peut-on parler de choix de sagesse dans de tels cas ? Oui, c’est une sagesse. Une sagesse humaine, pas surnaturelle ! Il est dit que le monde entier est sous la puissance du malin (1 Jean 5 :19), ce qui reviendrait à dire que l’on n’aurait surtout pas d’autres choix que ceux satisfont aux désidératas du fils de la perdition. D’ailleurs, Paul a dit de ne pas se conformer au siècle présent (Romains 12 :2), ce qui insinue que le siècle présent est caractérisé par le choix du superficiel. Et il renchérit qu’à chaque fois qu’il veut faire le bien, c’est le mal qui survient (Romains 7 :21).

Qu’est-ce qui est essentiel dans la vie ? Pourquoi être esclave des rituels inutiles en lieu et place de s’adonner à la recherche du mieux, de ce qui importe le plus, du bien meilleur ? Je me rappelle cette anecdote sur l’homme, disant qu’il sacrifie sa santé à rechercher de l’argent, pour enfin dépenser tout son argent pour retrouver sa santé… pourquoi ne pas conserver tout simplement sa santé en recherchant de l’argent intelligemment ? C’est un véritable imbroglio !

Au fait, les choix de notre vie, dans les moindres détails, sont truffés de cette dichotomie. On choisit généralement le mauvais pour enfin payer les conséquences, même lorsqu’on sait pertinemment a priori que ce ne sera pas le bon choix. On refuse, la plupart du temps, de discriminer l’essentiel du superficiel, et de choisir l’essentiel. Nous croyons que c’est un dualisme vital devant être adressé avec intelligence si on ne veut pas se trouver dans le tiroir du regret. Plusieurs de nos interlocuteurs habituels regrettent d’avoir fait choix de tel métier par rapport à un autre, de tel comportement au détriment de tel autre, de telle religion par opposition à telle autre, de telle divinité au regard de la meilleure ou du bon… Il y a toujours l’option, cela dépend de la façon d’appréhender la réalité. La vie est un puzzle complet, et celui qui sait en jouer gagnera sûrement. Si elle est abordée comme un jeu de hasard, le résultat sera proportionnel ; mais si on fait choix de ce qui est essentiel, de l’adoration dans la dévotion, on aura aussi le résultat de façon probante.

Que l’on soit intelligent en choisissant l’essentiel !

 

Odney Georges ODEUS, M.Ed., MTS

Décembre 2014.