La  réalité de la CROIX : symbolisme, fait, … ?                                                                                                                                                   Par Odney Georges ODEUS, M.Ed., M.Th.

Tirée du livre :

Stott, J. (1988). La croix de Jésus-Christ. Cédex, France : Editions Grace et Vérité. 367 pages.

 

Nombre d’appartenances ou de regroupements ont leur identité. Un symbole, une marque, un drapeau, une couleur, tant d’autres emblèmes possibles. Pour nous qui sommes chrétiens, malgré les controverses idéologico-dénominationnelles, et même perceptibles, la croix reste notre emblème par excellence. On a beau tenté d’icônes, le poisson (ICHTUS), le « X »  par exemple, pour la représentativité chrétienne, mais aucun n’arrive, ni n’arrivera à occuper la place centrale de la croix vue de sa portée historico-spirituelle. De fait, c’est le comment et le pourquoi de la croix qui font d’elles cette représentativité notoire.

A la préoccupation qui a tué Jésus, nous retenons tout un cycle, suivant la perspective. Et la finalité retourne au pourquoi. Tout d’abord, il est une question de Judas, l’un des douze, qui a livré le Seigneur (Matthieu 26 : 14 , 25, 47) ; ensuite, vient le tour des sacrificateurs et du Sanhédrin (Matthieu 26 : 59), puis Pilate, qui entre-voulait sa libération mais de façon très mitigée, et enfin la foule qui crie avec constance : crucifie-le ! Cette foule qui l’avait accueilli comme roi lors de son entrée à Jérusalem, qui allait préférer un brigand, Barabas, à Jésus (Matthieu 27 :22). Cependant, nous n’allons surtout pas oublier que Jésus s’était livré et que Dieu l’avait donné en rançon (Jean 3 :16), pour le salut de plusieurs, « notre » salut. Au final, la mort de Jésus a été l’événement le plus ignoble que le monde ne peut vraiment décrire, ni expliquer. Cela arrive, afin que s’accomplisse ce que les prophètes ont annoncé d’avance et le dessein éternel de Dieu de nous racheter. La rédemption !

La croix de Jésus nous ramène par ordre d’importance à la prophétie de Jérémie au chapitre 53. Tout est pour NOUS, et de fait, s’étant chargé de nos péchés, nous avons tué Jésus. Il ne s’agit pas alors d’une simple scène de martyrs, d’ailleurs Jésus n’est pas un martyr, il vient accomplir une mission, prenant nos châtiment, affrontant à notre place le jugement de Dieu.

De ce fait, il vient pour le pardon de notre péché. Ici, le problème du pardon renvoie au choc de la perfection divine et la rébellion humaine, entre Dieu tel qu’il est et nous tels que nous sommes. Loin donc de penser au simple fait que nous devons pardonner à ceux qui nous ont offensés. Est-ce pourquoi il est urgent de voir que le péché est vraiment grave, au point d’enflammer la colère de Dieu, et que nous, hommes, sommes responsables. Toutefois, il y a donc lieu de signaler que les temps changent, essayant aussi de changer les doctrines divines, telle est la poursuite de l’élimination du concept de péché et l’annihilation des rôles de l’église dans le traitement du problème de péché. Il reste le fait que Dieu hait le péché. Par ailleurs, Jésus n’a pas souffert la croix exclusivement pour la rançon et la rémission des péchés, mais pour rendre témoignage de lui. Sans le témoignage de Jésus, la rédemption aurait un manque.

La tragédie de la croix vise, selon nombres d’auteurs, plusieurs satisfactions. On énonce la satisfaction du diable, comme quoi Jésus aurait un contrat frauduleux avec l’ennemi ; la satisfaction de la loi, en ce sens que Jésus serait sujet à la loi. Ce qui est vrai est que Jésus se satisfait lui-même, et aussi le père qui l’a envoyé. Anselme a écrit « personne…à l’exception de Dieu lui-même ne peut opérer cette satisfaction… ».  À juste titre, « c’est Dieu lui-même qui a besoin d’être satisfait dans son for intérieur, et non quelque chose d’extérieur ».

Donc, Jésus s’était donné comme substitut, non à l’instar des sacrifices vétérotestamentaires. Nous affirmons que l’auto-satisfaction par l’auto-substitution était l’essence même de la croix.

La croix a eu lieu pour des raisons précises. Et les conséquences de celle-ci sont, tout d’abord le salut des pécheurs, ensuite la révélation de Dieu et enfin le triomphe du mal. Disons, ces concepts, événements surnaturels ne pourraient avoir lieu en dehors du cadre dont nous exprimons en ces métaphores « propitiations », rédemption, justification et réconciliation, et ce sont elles qui nous aident à comprendre la valeur de notre salut, ce que c’est la substitution de Jésus à nous sur la croix. De cette réalité, nous retenons que la croix est le lieu où Dieu a démontré son amour et sa justice. A chaque fois que la substitution est devenue objet de niaiserie, c’est la révélation de Dieu qui est obscurcie, et partout où on proclame la croix, on fait éclater la gloire de Dieu. Et au résultat objectif qui n’est autre que le salut du péché, et à l’influence subjective qu’est la révélation de l’amour du Saint Dieu, s’ajoute le Christus victor, qui souligne le triomphe de Christ sur le mal, sur la loi, sur la chair, sur le monde, sur la mort, triomphe auquel nous sommes associés.

Au final, étant nés de la croix, nous sommes changés complètement. Nos relations, la célébration de Dieu continuellement, notre identité de service efficace, notre amour pour nos ennemis, notre triomphe du mal par le bien, notre façon d’affronter les problèmes de souffrance… ce sont nos acquis de la croix, de la propitiation du Christ.

Nous croyons fermement que la croix est un symbole assez vital pour la vie des chrétiens, et c’est très mémorable. Nous estimons que Dr Stott a fait un travail chatoyant et titanesque. Il a su travailler tous les paramètres significatifs de la croix, depuis les personnalités jusqu’aux faits, en passant par les sentiments et les tensions des moments. Une interprétation exhaustive, minutieuse, complète, est produite à partir de l’œuvre La croix de Jésus-Christ. Nous pensons que trop souvent, les chrétiens allouent la croix à une représentativité occulte, démoniaque, ne pouvant observer les dimensions fondamentales de la croix, mais ils tiennent des fois compte sommairement de la dimension artisanale.

Le sacrifice de la croix doit nous interpeller à la méditation, à la réflexion, à nous rappeler comment le Seigneur de notre vie a pu, par sa grâce, nous rendre ce que nous sommes aujourd’hui. A la vue d’une croix, nous devons tout d’abord nous rappeler que c’est notre place, et qu’il en a prise pour nous. Nous devons au moins dire merci à Dieu même dans notre cœur, en signe de reconnaissance.